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Une chercheuse du LAPP reçoit le prix Joliot-Curie

Une chercheuse du LAPP reçoit le prix Joliot-Curie

Le prix Joliot-Curie, décerné par la Société Française de Physique (SFP) est destiné à récompenser un travail dans le domaine de la physique nucléaire et des particules. Irène Joliot-Curie fut une chimiste, physicienne et femme politique française. Elle a obtenu le prix Nobel de chimie en 1935 pour la découverte de la radioactivité artificielle.

Sylvie Rosier-Lees, directrice adjointe du Laboratoire d’Annecy de Physique des Particules (LAPP), CNRS/Université Savoie Mont Blanc, est une personnalité de tout premier plan en physique des particules et des astroparticules, deux domaines où ses contributions sont exceptionnelles.

L’ensemble des travaux de Sylvie Rosier Lees est très largement dédié à la compréhension de la matière noire. En effet, seule environ 20% de la matière dans l’Univers est d’origine connue, constituée de matière ordinaire telle que étoiles, planètes et gaz interstellaire, les 80% restant étant d’origine inconnue. Une des hypothèses privilégiée est qu’elle est constituée par des particules massives interagissant peu avec la matière ordinaire et jusqu’à maintenant non détectées.

Sylvie Rosier Lees

Dans les années 1980-90, au sein de l’expérience L3 au LEP, un collisionneur électron-positron du CERN, Sylvie se distingue par ses recherches sur le neutralino, une particule prédite par une théorie appelée Supersymétrie et qui pourrait être la particule de matière noire. Les analyses qu’elle mène au LEP sur la supersymétrie sont reconnues à l’international et elle devient un expert mondial du sujet. Son travail est d’ailleurs récompensé par l’attribution du prix Thibaud en 2002, de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon.

À partir de 1996, elle effectue une transition vers la physique des astroparticules et rejoint l’expérience AMS, qui sera installée sur la station spatiale internationale (ISS) en 2011. L’expérience AMS mesure les flux des rayons cosmiques chargés de tous types : électrons, positrons, protons, anti-protons... Sylvie s’intéresse, là aussi, aux signatures de matière noire et a une contribution majeure à l’étude des positrons et des électrons. Les particules de matière noire pourraient en effet s’annihiler en créant des paires électron-positron ou des rayons gamma qui se rajouteraient en excès au flux de particules cosmiques crées par la matière ordinaire. L’analyse du flux d’électrons et de positrons peut donc révéler sa présence. Ses travaux ont été déterminants dans l’obtention des résultats sur la mesure des flux d’électrons et de positrons dans le rayonnement cosmique ainsi que sur la fraction de positrons par rapport au flux total. Ils ont eu un fort impact et ont donné lieu à de nombreuses études et publications.

Sylvie Rosier-Lees s’est aussi intéressée au spectre d’anti-protons qui semblait montrer la présence de matière noire. Au sein d’une collaboration avec des théoriciens (du LAPTh) qu’elle a initiée, les modèles ont été affinés, et la mesure est désormais compatible avec les prédictions théoriques, excluant un signal de matière noire. C’est un résultat majeur, salué dans le monde entier.

A partir de 2005 et pendant les longues années où l’expérience AMS était en attente d’être lancée sur l’ISS, Sylvie et son groupe ont rejoint l’expérience HESS. Les télescopes de HESS en Namibie observent les rayons gamma provenant du cosmos. Sylvie Rosier-Lees poursuivra ses études autour de la matière noire en recherchant des excès exotiques dans les spectres de rayons gamma cosmiques de très haute énergie. Sylvie s’est aussi beaucoup impliquée dans la construction des détecteurs. Elle a coordonné le projet de construction du système mécatronique d’asservissement de la camera du cinquième télescope de HESS, le plus grand télescope au monde pour l’astronomie gamma. Et plus récemment elle a exploré la possibilité d’appliquer des nouvelles technologies de photo-détection pour les caméras de HESS et elle cordonne des travaux de microélectronique pour la mise au point d’un circuit intégré de lecture de ces nouveaux photo-détecteurs. La cérémonie de remise de prix se tiendra le 26 janvier 2018 au Laboratoire d’Annecy de Physique des Particules.

À un mois de la journée internationale des femmes en science, c’est pour le LAPP une grande fierté de voir un prix si prestigieux décerné à une de ses chercheuses. Une récompense qui vient s’ajouter aux deux médailles 2017 du CNRS attribuées à Frédérique Marion et Nadine Neyroud Gigleux, respectivement chercheuse et ingénieure au laboratoire.

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